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Le mécréant - chanson

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Désignation :

Le mécréant ; chanson

Numéro d'inventaire :

PC064

Description :

LE MÉCRÉANT Chanson enregistrée en février 1960. Selon plusieurs témoignages, elle a été écrite pour Juliette GRECO. Est-il en notre temps rien de plus odieux, De plus désespérant, que de n' pas croire en Dieu ? J' voudrais avoir la foi, la foi d' mon charbonnier, Qui est heureux comme un pape et con comme un panier. Mon voisin du dessus, un certain Blaise Pascal, M'a gentiment donné ce conseil amical : "Mettez-vous à genoux, priez et implorez, Faites semblant de croire, et bientôt vous croirez." J' me mis à débiter, les rotules à terre, Tous les Ave Maria, tous les Pater Noster, Dans les rues, les cafés, les trains, les autobus, Tous les de profundis, tous les morpionibus... Sur ces entrefaites-là, trouvant dans les orties Une soutane à ma taille, je men suis travesti Et, tonsuré de frais, ma guitare à la main, Vers la foi salvatrice je me mis en chemin. J' tombai sur un boisseau d' punaises de sacristie, Me prenant pour un autre, en choeur, elles m'ont dit : "Mon père, chantez-nous donc quelque refrain sacré, Quelque sainte chanson dont vous avez l' secret !" Grattant avec ferveur les cordes sous mes doigts, J'entonnai "Le gorille" avec "Putain de toi". Criant à l'imposteur, au traître, au papelard, Elles veulent me faire subir le supplice d' Abélard, Je vais grossir les rangs des muets du sérail, Les belles ne viendront plus se pendre à mon poitrail, Grâce à ma voix coupée j'aurai la place de choix Au milieu des Petits chanteurs à la croix d' bois. Attirée par le bruit, une dame de Charité, Leur dit : "Que faites-vous ? Malheureuses arrêtez ! "Y'a tant d'hommes aujourdhui qui ont un penchant pervers À prendre obstinément Cupidon à l'envers, "Tant d'hommes dépourvus de leurs virils appas, À ceux qui en ont encore ne les enlevons pas !" Ces arguments massue firent une grosse impression, On me laissa partir avec des ovations. Mais, sur l' chemin du ciel, je n' ferai plus un pas, La foi viendra d'elle-même ou elle ne viendra pas. Je n'ai jamais tué, jamais violé non plus, Y'a déjà quelque temps que je ne vole plus, Si l' Éternel existe, en fin de compte, il voit Qu' je m' conduis guère plus mal que si j'avais la foi.

Sujet / thème :

Poèmes et chansons

Personne représenté :

BRASSENS Georges

Fonction / Rôle :

Création

Auteur :

BRASSENS Georges

Date de création :

1960